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Avis supplémentaire sur l’utilisation du glyphosate : David Coon

by Liane
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Comité permanent des changements climatiques et de l’intendance de l’environnement

Avis supplémentaire
David Coon, député de Fredericton-Sud, chef du Parti vert

 Étant donné l’importante opposition publique à l’épandage de glyphosate sur les terres de la Couronne qui s’est manifestée au cours des six dernières années au Nouveau-Brunswick, le Comité permanent des changements climatiques et de l’intendance de l’environnement a tenu des audiences publiques en 2021 pour l’aider à formuler des recommandations à l’Assemblée législative. Bien que le Comité se soit donné le mandat d’examiner l’utilisation de tous les pesticides, y compris les herbicides comme le glyphosate, les témoins ont largement axé leurs présentations sur l’utilisation du glyphosate.

Une décision précoce du comité a limité les témoins, pour la plupart, aux gens du Nouveau-Brunswick et aux représentants des Premières Nations. Les exceptions étaient les témoins représentant l’organisme fédéral de réglementation des pesticides, l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire, et le représentant canadien de CropLife Canada, qui représente l’industrie mondiale des pesticides.

 Les témoins des Wolastoqiyik comprenaient des représentants du Grand Conseil Wolastoq et de la nation Wolastoqey du Nouveau-Brunswick.  Les témoins des Mi’kmaq comprenaient un représentant de Mi’gmawe’l Tplu’taqnn inc. (MTI), et les chefs des communautés des Premières Nations de Pabineau et de Fort Folly. L’unanimité s’est faite sur le fait que les épandages de glyphosate sur les terres de la Couronne doivent cesser et sur le fait qu’ils constituent une violation des droits des Autochtones.

 Des poursuites sont actuellement devant les tribunaux pour faire valoir le titre autochtone sur des terres englobant la plupart des terres de la Couronne au Nouveau-Brunswick, que les Wolastoqiyik et les Mi’kmaq n’ont ni cédées ni abandonnées à la Couronne. De plus, on a dit au Comité que les droits autochtones et les droits issus de traités de cueillir de la nourriture et des médicaments étaient compromis par les épandages de glyphosate.

 Steve Ginnish de la Première Nation d’Eel Ground a fait référence aux recherches présentées dans un article de N. Botten, L.J. Wood et J.R. Werner, publié dans le Journal of Forest Ecology and Management le 26 avril 2021, intitulé « Glyphosate remains in forest plant tissues for a decade or more “.

Leur recherche a révélé que : « Le glyphosate appliqué à des doses sublétales, telles que celles subies par les plantes du sous-étage lors des applications standard d’herbicides à base de glyphosate dans les coupes forestières, persiste dans les tissus végétaux pendant au moins un an après le traitement, et dans certains cas, il reste encore à l’état de traces après douze ans ou plus.»

Les chercheurs ont constaté que les framboises et les bleuets contenaient de faibles quantités de glyphosate dans les pousses fraîches un an après l’épandage, à des niveaux qui, dans certains cas, étaient supérieurs aux niveaux maximaux recommandés pour la consommation humaine. En outre, ils ont constaté que les racines retiennent plus de glyphosate que le reste de la plante, et le retiennent plus longtemps. Selon M. Ginnish, cette constatation est importante, non seulement en raison de la consommation répandue de baies sauvages, mais aussi parce qu’environ un tiers des médicaments autochtones sont extraits des racines de plantes forestières. Les épandages de glyphosate empêcheraient la cueillette des baies et de nombreuses plantes utilisées à des fins médicinales, ce qui constituerait une contrainte directe pour l’exercice des droits autochtones et des droits issus de traités.

Le grand public aussi est significativement opposé à l’épandage de glyphosate sur les terres forestières, comme en témoigne la plus grande pétition jamais déposée à l’Assemblée législative le 6 décembre 2016.

Les recherches présentées par le Dr Matthew Betts, expert en écologie forestière du Nouveau-Brunswick, en congé sabbatique de son poste de professeur à l’Université d’État de l’Oregon, ont révélé une réduction de la biodiversité forestière à la suite de l’épandage de glyphosate et de la conversion de communautés forestières matures en plantations ou en peuplements forestiers de début de succession. Ses recherches ont révélé un déclin de 30 à 40 % de l’habitat forestier depuis 1985 pour plus de 50 espèces d’oiseaux, qu’il a lié à un déclin précipité des populations de ces espèces d’oiseaux, qu’il a estimé représenter une perte de 22 à 104 millions d’oiseaux.

Aucun témoin n’a été appelé à présenter des recherches sur les risques pour la santé associés à un épandage de glyphosate, car il n’existe aucune expertise de ce genre au Nouveau-Brunswick. Cependant, une revue complète de la littérature actuelle sur la santé a été publiée dans le Journal of Immunotoxicology en 2020 par les professeurs Cindy Peillex et Martin Pelletier de l’Université de Laval, au Québec. Ils ont conclu que la littérature scientifique actuelle fournit des preuves solides de l’impact du glyphosate et des herbicides à base de glyphosate sur les poissons et les mammifères, citant des dommages à l’ADN, une augmentation du stress oxydatif, une perturbation du système œstrogénique, des effets sur la reproduction, des effets digestifs, une altération de certaines fonctions cérébrales et des impacts sur le système immunitaire.

À la lumière :

  • de la violation des droits des Autochtones par les épandages de glyphosate affirmée par les témoins des Premières Nations,
  • du poids de la preuve concernant ses impacts négatifs sur la diversité biologique de nos forêts, et des risques sanitaires que son utilisation fait courir à la faune, et
  • de l’absence d’autorisation sociale de son épandage sur les terres publiques,

Il y a suffisamment de raisons pour que le ministère des Ressources naturelles et de l’Énergie mette fin à sa quête annuelle de permis d’épandage de glyphosate auprès du ministre de l’Environnement et mette fin à son utilisation sur les terres publiques.